Leader nouveau et nouveau leader

Cet article participe à l’évènement interblogueur d’Aurélie du blog Comment brasser sa bière sur le thème “Quelles astuces donneriez-vous à un débutant dans votre domaine?”. Vous pouvez retrouver son article de présentation JUSTE ICI. Bonne lecture à tous !

Je ne suis pas certain de savoir quand j’ai dû faire preuve de leadership pour la première fois. C’est une notion assez floue.

Finalement, même si j’ai eu des expériences qui m’ont aidé à forger mon leadership (animer pour des groupes de jeunes, donner des cours d’arts  martiaux, etc), je n’ai vraiment eu à devenir un chef qu’a mes 19 ans, quand j’ai été promu au poste d’assistant manager dans une chaine de restauration.

J’avais d’ailleurs été clair sur ce point lors de l’entretien avec mon patron : “Je n’ai pas d’expérience, mais j’ai de la bonne volonté”. Cela lui avait alors suffit pour m’intégrer à l’équipe et me permettre de travailler pendant plus de trois ans avec lui, comblant peu à peu mon manque de bouteille.

C’est donc de cette période dont je vais m’inspirer aujourd’hui pour vous éviter les erreurs que j’ai faites et vous aider à définir rapidement VOTRE leadership.

Le syndrome de l’imposteur

C’est un phénomène qui n’est pas spécifique au leadership, loin de là, mais il fait partie des pires difficultés que vous aurez à affronter, c’est pourquoi j’aborde ce point en premier

Le syndrome de l’imposteur entraine un cercle vicieux dans lequel le nouveau manager – par exemple – se retrouve entrainé :

  • Nous doutons de nos capacités, ce qui provoque en nous un sentiment d’illégitimité.
  • A cause de celui-ci, nous peinons à nous investir assez (ou au contraire raisonnablement) dans la réalisation de nos objectifs.
  • Un but atteint sera alors attribué à un facteur externe (de l’aide d’un collègue ou de la chance) tandis qu’un objectif non rempli nous pèsera comme un échec personnel dont nous porterons la faute seul.
  • Cette vision des choses ne fera qu’exacerber nos doutes, bouclant ainsi la boucle.

Vous le voyez, le syndrome de l’imposteur est une vraie plaie pour qui souhaite apprendre. Heureusement, il existe plusieurs manière de le combattre et je vais vous donner la mienne.

De la nature de l’imposteur

Ma solution est simple, puisqu’elle consiste à revenir à la base du problème. Le dictionnaire Larousse définit l’imposteur comme une “personne qui trompe par de fausses apparences, qui se fait passer pour quelqu’un d’autre”.

Ainsi, si vous souhaitez vous échapper du cercle vicieux que j’ai décrit plus haut, il suffit simplement… de vous montrer tel que vous êtes, sans rien ajouter à vos compétences. Non, sérieusement, ne cachez rien de vos éventuelles lacunes à votre hiérarchie ou votre entourage professionnel.

Cela vous permettra de bénéficier des conseils avisés des plus aguerris et de montrer que vous avez les pieds sur terre. Il n’y a rien de pire que de passer pour un arriviste et un menteur puisque vous ne pourrez pas construire votre leadership sur la confiance qui est la seule base solide.

Il est d’ailleurs important de maintenir cette attitude avec vos subordonnés. Rappelez vous qu’on ne respecte pas les tyrans mais les chefs qui nous inspirent, et l’humilité est une valeur des plus inspirantes. De plus, il faut être logique et se mettre à la place de ceux que vous devrez mener.

Imaginons que deux personnes viennent faire un essai simultané pour le poste de votre N+1. Le premier vous assure savoir parfaitement ce qu’il a à faire et repousse vos conseils malgré votre ancienneté dans l’entreprise. Le second, quant à lui, préfère s’accorder une phase d’observation durant laquelle il vous pose des questions sur son futur travail et la meilleure manière de l’aborder selon vous. A qui souhaiterez-vous la promotion?

C’est en forgeant…

Voilà comment, en vous appuyant sur ceux qui connaissent votre travail, vous apprendrez plus vite. Un étudiant enthousiaste finira toujours par dépasser un imposteur qui se prétend expert. Et si vous avez encore en vous un doute sur le mérite que vous avez à occuper votre poste, il y a une citation qui pourra vous aider :

“On devient pas chef parce qu’on le mérite ! On devient chef par un concours de circonstances, on le mérite après !” 

Les bonnes phrases toutes faites !

On en a tous entendu, ces petites maximes dont on nous a rebattu les oreilles, comme des principes immuables et absolus. Celle que ma cheffe préférait c’était “la confiance n’exclut pas le contrôle!”. Elle me la répétait toutes les semaines, jusqu’à ce que j’en sois persuadé.

Et puis un jour, j’ai cherché l’origine de cette phrase. En fait, c’est une citation de Lénine. Quand j’ai dit ça à ma cheffe, elle a un peu fait la tronche, mais ça n’a pas changé grand chose.

J’ai eu plus tard un chef de cuisine de la (très) vieille école avec qui j’ai pris l’habitude d’éviter à tout prix les phrases commençant par “je pensais que”, tout simplement car dans le cas contraire, j’avais droit à l’une de ses plus précieuses maximes : “Penser, c’est commencer à désobéir!” (je vous laisse ajouter dans votre tête la voix grave et le ton aboyant que vous trouverez le plus approprié).

Ce ne sont que deux exemples parmi d’autres, mais je pense que vous avez en tête l’un de ces méta-principe qu’un de vos supérieur vous aura martelé sans relâche. Passons maintenant au conseil que je veux vous donner.

Le meilleur usage des méta-principes

Vous allez prendre une minute, une feuille de papier et un crayon, et vous allez noter toutes ces phrases, toutes ces maximes, tous ces commandements ; tous ceux dont vous pouvez vous souvenir, aussi loin que remontent vos souvenirs. Et une fois que c’est fait, vous me ferez le plaisir de brûler ce morceau de papier et d’oublier toutes ces conneries !

J’ai utilisé plus haut le terme de méta-principe car c’est celui qui me paraît le plus approprié dans ce genre de cas. Je m’explique : un métalivre, c’est un livre sur les livres ;  un métalangage, c’est un langage ou un système qui permet de décrire d’autres langages.

Un méta-principe, c’est un principe qui sert de guide à vos principes, un cadre immuable dont vous n’allez jamais sortir dans la construction de votre leadership. Et ça, c’est mal. Que vos supérieurs/professeurs/mentors aient adopté ces méta-principes est une chose, mais il faut comprendre que ces limites doivent naître de la construction de votre leadership, non pas être sa base.

Jetez donc tout cela et bâtissez votre propre manière de mener vos équipes et un jour vous pourrez en tirer vos propres méta-principes. Il vous faudra pour cela parcourir un long chemin sans doute semé d’embûches et d’échecs, mais il est important de comprendre qu’il n’y a pas de raccourci sur ce chemin. Tiens, et d’ailleurs en parlant d’échec…

Oubliez tous vos diplômes… sauf un !

J’aurais pu aborder le sujet dans la partie sur le syndrome de l’imposteur, mais je préfère y consacrer un paragraphe propre tant il est important à mes yeux.

Vous aurez sans doute l’impression quand vous débuterez que vous devez être infaillible. C’est une grosse erreur, et je vais vous expliquer pourquoi.

Il y a un tabou dans le monde du travail et de l’entreprenariat en France : l’échec. Si vous demandez l’appui d’une banque pour un projet d’entreprise et qu’ils découvrent que vous avez déjà fait faillite dans le passé, votre dossier sera sûrement refusé.

La même chose arrive au sein même du monde du travail. En 1984, Steve Jobs expliquait au micro de FR3 : “En Europe, l’échec c’est très grave alors que dans la Silicon Valley, on passe son temps à échouer. Quand on se casse la figure, on se relève et on recommence”.

En Europe, on a tendance à vivre les échecs de manière honteuse et coupable. Si vous avez monté une boîte et que vous l’avez planté, vous ne le mettrez pas sur votre CV, vous mettrez une année sabbatique.

Heureusement, les mentalités changent peu à peu sur ce sujet et de plus en plus de décideurs (investisseurs, patrons, etc.) réalisent enfin aujourd’hui ce principe fondamental : l’échec est un diplôme.

Vous avez sûrement lu cette citation de Bill Gates qui expliquait qu’il avait un amis qui avait réussi tous ses examens à Harvard et que lui-même les avait tous raté, expliquant que son ami était maintenant ingénieur chez Microsoft et que lui était le fondateur.

Pour formuler cette idée d’une manière moins… américaine (ça ne parle pas à tout le monde), on peut citer Nelson Mandela : “Je ne perds jamais ; soit je gagne, soit j’apprends”.

J’ai mis quelques années à réaliser comment l’échec me servait dans ma vie professionnel (et personnelle d’ailleurs) et aujourd’hui, j’ai pris pleinement conscience que, comme beaucoup d’autres, rien de me fait plus avancer que de prendre des claques (métaphorique, bien sûr).

Finalement…

Les conseils que je voulait vous donner peuvent se résumer assez simplement. N’ayez pas peur de vous montrer tel que vous êtes, faites de votre inexpérience la base de votre progression, ne tombez pas dans le piège des méta-principes et n’ayez jamais peur d’échouer. 

Vous verrez que c’est ainsi que vous progresserez, que vous bâtirez un leadership qui vous sera propre et vous correspondra. Et bientôt vous pourrez à votre tour aider quelqu’un en lui donnant vos propres astuces pour bien commencer !


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