Les 3 Pièges à éviter quand on parle d’Entreprise Libérée

Bonjour! Dans cet article, nous allons découvrir le modèle de l’entreprise libérée et la méthode à suivre pour réussir facilement et rapidement votre transition d’entreprise ! C’est pas mal comme phrase d’accroche, hein? Hum, mouais. C’est pas mal mais c’est un beau ramassis de c*nneries!

Comment…non, pourquoi j’ai découvert l’entreprise libérée

C’est un peu par hasard que j’ai rencontré le concept d’entreprise libérée. Il y a quelques années, j’ai démissionné d’un poste en management dans l’un des géants de la restauration (3ème plus grand groupe de restauration de concession au niveau mondial). J’y avais passé quatre années à apprendre la gestion financière et humaine.

Cette période de ma vie a été incroyablement formatrice, non seulement parce que j’ai appris les bases de la gestion, mais également parce que c’est à cette époque que j’ai commencé à ressentir, de manière un peu confuse, que ce modèle de management que je m’efforçais d’apprendre était bancal.

Ce n’est qu’après avoir quitté cette entreprise que je me suis lancé à la recherche d’autre façon de diriger, plus en adéquation avec mes valeurs. Je suis d’abord tombé sur une conférence traitant du management participatif. J’ai trouvé le concept absolument génial, donc j’ai creusé un peu le sujet. Après quelques recherches, j’entends parler du cas de Ploust, puis de celui de la FAVI. Intrigué, je m’installe devant un reportage disponible sur Youtube à propos de cette dernière.

Prendre une claque

J’ai encore à cet instant l’idée que ce type de management reste à développer en France, ma vision se limitant aux géants de la Silicon Valley (Google, Facebook, …). Et voilà que je vois un petit vieux dégarni, chemise blanche et gilet sans manche, qui m’explique qu’il fait mieux (on y reviendra) depuis 30 ans, au beau milieu de la Picardie. La FAVI est une fonderie qui s’est développée en fabricant des fourchettes pour boîte de vitesse automobile. L’archétype de l’industrie à l’ancienne.

Mais à l’heure d’aujourd’hui, la FAVI est considérée comme l’un des (sinon le) précurseurs des entreprises libérées françaises. Jean-François Zobrist a pris sa retraite en 2009, levant les doutes sur la capacité de cette philosophie à lui survivre, puisque les chiffres, de son propre aveu , sont encore meilleurs depuis qu’il est parti. Il concède d’ailleurs avec un sourire bienveillant que c’est un peu vexant…

Après avoir binge watché toutes les conférences de Jean-François Zobrist disponibles sur Youtube, je passe à celles d’Isaac Getz (le grand théoricien francophone des entreprises libérées), puis à Frédéric Laloux (auteur de Reinventing Organizations et à l’origine du concept d’organisation opale dont je vous reparlerai), et enfin à Alexandre Gérard (patron… pardon, co-animateur du groupe Inov-On, basé dans la banlieue de Nantes). A chaque nouvelle conférence, j’étais un peu plus passionné. Tellement passionné que j’ai décidé de créer ce blog pour transmettre cette passion et aider le plus de monde possible à commencer cette libération. Mais alors pourquoi mon introduction serait-elle des excréments de taureau (j’adore franciser les jurons anglais)?

Eviter les pièges

Pour plusieurs raisons, trois pour être précis. Les trois mots que j’ai utilisé volontairement pour vous montrer les pièges qu’il faut absolument éviter quand on parle d’entreprise libérée.

Pas de recette miracle

Le premier mot-piège, c’est “modèle”. Si vous devez ne retenir qu’une chose de cet article, retenez ceci : une organisation qui se dit libérée en appliquant un modèle, ce n’est pas une entreprise libéré, c’est une Holacratie.

Il s’agit d’un système d’organisation de gouvernance basé sur la dissémination des mécanismes de prise de décision au sein de groupes auto-organisés. Pas plus clair? La société est organisée en différents cercles autonomes liés à l’entreprise dans son ensemble. Ce système est d’ailleurs plus proche (puisque issu) des organisations agiles et du lean management.

Basées sur une philosophie commune plutôt qu’un modèle, chaque entreprise libérée est unique. C’est d’ailleurs totalement logique lorsqu’on considère l’une des bases de cette idéologie : remettre l’humain au centre de l’entreprise. Chaque entreprise ayant en son sein des employés uniques, l’ensemble qui en résulte ne peut que l’être également.

Un pour tous

Le second mot-piège qui s’est glissé dans mon introduction, c’est facilement. La voie de l’entreprise libérée n’est PAS une voie simple à suivre, car elle demande au leader libérateur (oui, c’est un peu le terme consacré) un travail sur lui-même colossal.

La complexité de cette transformation est souvent sous-estimée, sans doute à cause de la simplification structurelle qu’elle entraine au sein de l’organisation. On observe en effet souvent une diminution du nombre de services (dans le sens “département”), de postes (disparition des fonction cadres au profit des fonctions support), des niveaux hiérarchiques, etc.

Mais se limiter à l’aspect structurel de la transformation pour juger de sa complexité, c’est une simplification dangereuse car totalement abusive. En effet, il faut comprendre que la libération d’entreprise ne débute pas lorsque le leader commence à modifier l’organisation. Elle s’amorce des mois (voire des années) avant, à l’instant où le patron décide de devenir un leader.

Comme disait Bouddha…

Le dernier mot-piège est assez évident à trouver, un peu plus complexe à comprendre. Il s’agit évidemment de rapidement. Il est évidemment impossible de réussi rapidement une libération d’entreprise. Est-ce à dire que cette dernière s’accomplit par un long travail? Pas vraiment.

L’une des idées fondamentales que Jean-François Zobrist a mis au cœur de la transformation de la FAVI est la suivante : “Il n’y a pas de performance sans bonheur”. Donc pour rechercher la performance en suivant les principes de l’entreprise libérée, il faut chercher le bonheur ; celui des employés bien sûr, mais également de tous les partenaires de l’entreprise.

Quand on parle du bonheur et de sa recherche, il y a une citation de Bouddha qui convient parfaitement au sujet des organisations libérées : “Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin”. La même idée s’applique pour la libération d’entreprise : il ne s’agit pas d’un processus limité dans le temps. L’entreprise libérée n’est pas l’aboutissement de quoi que ce soit, c’est une philosophie d’entreprise, une culture, une toile de fond.

En conclusion

Vous qui souhaitez vous engager sur le chemin de l’entreprise libérée, ou simplement en apprendre plus sur le sujet, il est important que vous évitiez les nombreux pièges dans la compréhension de cette conception de l’entreprise. Les trois écueils que nous avons abordé dans cet article ne constituent que le début d’une longue liste, mais ce sont aussi ceux que vous avez le plus de chance de rencontrer en premier.

Afin d’éviter au maximum de tomber dans les pièges pavant la route de la libération, il est important (comme dit précédemment) d’opérer une profonde remise en question de son propre mode de pensée et de fonctionnement en tant que leader. C’est pourquoi c’est sur ce point précis qu’il nous faut concentrer, et c’est ce que nous ferons lors du prochain article !

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